Semaine du 17 au 19 mars
Jeudi 19 mars 2009 : Journée
témoignages des responsables CESR-Préfet-Police
Témoignage de monsieur J.L. CHAUZY Président du Conseil
Economique et Social de la
Région Midi-Pyrénées.
· Mon
but a toujours été de garder l’emploi et la sécurité de l’emploi,
· En
fin mai 2001, réception de Mr BIESCHLIN directeur de l’usine Grande-Paroisse et
du directeur de l’usine ISOCHEM (ex-SNPE) qui demandaient à
entrer au CESR. Ils
m’ont présenté le pôle chimique et proposé une visite du
site. Rendez-vous était pris
pour octobre 2001 !
· Trois
jours après l’explosion, j’ai rencontré les deux directeurs. Nous avons défini
les
trois principes suivants :
1. Droit à la vérité, quelle qu’elle soit,
2. Indemnisation de toutes les victimes d’un traumatisme
physique ou moral,
3. Faire cohabiter les usines à risques et la
population.
· Diverses
démarches et courriers. Au siège de Total, rencontre avec T. DESMARET
pour qu’il relance l’usine SUD intacte. Là, j’ai compris
que, dans le contexte des
élections présidentielles et législatives, l’Etat avait
demandé de payer puis de
disparaître.
· Les
plans sociaux sont réalisés et qualifiés d’exemplaires. Les élus ne se les
appliquent pas à eux-mêmes !
· En
septembre 2004 est créée une association pour rechercher la vérité.
· La
thèse officielle de la soupe chimique est contestée,
· La
communauté scientifique ne la reconnait pas non plus
· Le
drame est le même pour tous. Il n’y a pas les bons et les mauvais.
· Je
n’ai jamais vu un opprobre pareil sur les 450 ouvriers !
· Ce
sont les collectivités qui ont délivré les PC (Permis de Construire)…
· Une
ville propre commence à quelle activité et s’arrête à quel individu ?
· TOULOUSE
a été voulue par l’Etat (c’était l’une des 11 métropoles lancées sous
Michel DEBRE)… Il faut consentir une société à risques avec
la communauté…les
vérités restent…cela ne rendra aucune vie…et, pour les
salariés, ne pas les diaboliser.
· Aller
chercher la vérité et, la dire.
M° FORGET en profite pour saluer « un utile contre-point
contre la qualification de « boite
noire » donnée à l’usine ».
**
Témoignage de Mr FOURNIER, Préfet de Région et du
département à l’époque des faits:
· Présente
une pensée aux disparus, aux victimes, aux familles et aussi aux sauveteurs,
car il a fallu plusieurs fois décider ou non de les évacuer
du site. Sans oublier ceux qui
m’ont aidé, les associations et les partenaires sociaux.
· Le 21
septembre, secousse, grosse explosion ! Quoi ? Où ?
· Le
nuage était-il toxique ? J’ai été conduit à conseiller « de ne pas bouger de
chez soi
et de se confiner ». Ce confinement a été recommandé à
cause des effets du nuage
toxique sur les 700 000 habitants de TOULOUSE.
· Pour
une catastrophe de ce type, il est vital que les sauveteurs puissent circuler
au mieux. Donc, ne pas encombrer les rues !
· L’information
de la population. C’est vital. Un numéro
vert a été mis en place à la
préfecture. Il y a 100 volontaires pour cette tâche, plus
la liaison avec les médias.
· Quid
de la qualité de l’eau ?
· Risques
pour la sécurité publique ? Le 1er pillage
est signalé dans les 30 minutes.
Mise en place de patrouilles mixtes, puis surveillance hélicos la nuit,
· Quel
hébergement d’urgence pour les familles les plus touchées ?
· Les
visites de très nombreuses personnalités ont été à la fois une charge, mais
surtout
une nécessité pour coordonner les décisions à prendre au
niveau national.
· L’arrêt
de la recherche des victimes sur le site a été décidé le 24 septembre.
Au-delà, la crise a nécessité une gestion pendant des
semaines et des mois :
· Une
aide d’urgence a été fournie pour ceux qui n’avaient plus rien. Il a été
distribué
35/36000 chèques dans les premières semaines (exemple : 1000 francs pour un couple
seul. Cela semblait venir de la municipalité ?)
· La
sécurisation du site a été une très grosse préoccupation, je dirai même une
angoisse.
Ne risquait-il pas d’y avoir une autre explosion ? Un nuage
toxique ? C’est avec l’aide
de la DRIRE qu’ont été évacués au maximum les produits
dangereux (sur le site et
dans les sites voisins).
· Le 28
septembre, le 1er Ministre décide qu’ « il n’est pas question d’envisager un
redémarrage des activités… ». Pour moi, cela veut dire :
1. Evacuer tous les produits,
2. Provoquer une expertise indépendante dite « d’un
tiers expert »,
3. Faire effort sur la question du logement, car l’hiver
arrive…
La stratégie définie pour faire en sorte que les familles
passent l’hiver dans des conditions
acceptables prend des formes et touche des domaines
multiples :
1. Maintien le plus possible dans les logements,
2. Remise en état provisoire-durable avec accord de
Total pour financer,
3. Création de plusieurs cellules-assurances-travaux-OPAH/S-mobil-homesmédiation
locative-relogement dans le parc public des HLM, relogement
dans le
parc privé (c’est bien plus complexe et lent),
4. Création d’un Comité de suivi épidémiologique afin
de surveiller la santé publique,
les risques environnementaux et la santé des victimes,
5. Remise en état des bâtiments publics, réouverture des
FAC, lycées, collèges et
maternelles,
6. Conséquences de la catastrophe sur les entreprises
locales ?
7. Mobilisation des socioprofessionnels et des
collectivités,
8. Redémarrage du site ou pas ? Nombreux mois pour décider,
9. …..
Le Président du TC demande :
1. Quelles mesures suite au 11 septembre ?
REPONSE : Renforcement des mesures VIGIPIRATE. Des
décisions à prendre, mais pas de
menace particulière sur TOULOUSE.
2. Pièce 6650, la lettre circulaire sur « les risques
d’intrusion et le repérage des colis
suspects » sera adressée à tous. Rôle de la DRIRE ?
REPONSE : Elle doit prévenir les diverses usines
concernées, SEVESO ou pas. C’est leur
rôle.
3. Quelle est la responsabilité de l’Etat à l’intérieur
d’un site industriel ?
REPONSE : L’Etat alerte et indique le risque plus
explicitement, ainsi que les mesures à
caractère général à prendre. Mais, à l’intérieur du
site, c’est l’entreprise qui décide et fait.
4. Le directeur de la SNPE déclare avoir pris des mesures
dès le 12 septembre 2001.
Pourquoi pas GP ?
REPONSE : La SNPE a une sensibilité défense que n’a pas GP.
5. De quelles informations avez-vous pu disposer sur les
causes éventuelles de la
catastrophe ?
REPONSE : J’ai ordonné dès le 21 septembre 2001, d’utiliser
le terme de catastrophe et
pas d’accident, ne sachant pas.
6. Suite aux visites
des plus hautes personnalités de l’Etat, seriez-vous à l’origine de la
thèse accident ?
REPONSE : Non, je n’ai pas accrédité cette thèse.
7. Dans le cadre des risques de troubles à l’ordre public,
avez-vous avancé la thèse
accidentelle pour éviter des débordements ?
REPONSE : Réponse clairement NON. Il n’y a pas eu de
réunions sur ce thème. Chacun
s’interrogeait. Mais pas sur ces questions d’ordre public.
8. Avant le 11 septembre, sur le journal de sécurité de la
SNPE, il est noté au 1er
septembre, une visite d’un policier qui vient mettre en
garde contre un attentat. 30’
après, un artificier de la police arrive à son tour. Le
Préfet sait-il ?
REPONSE : Je ne sais pas.
Le président du TC non plus.
9. Est-il imaginable que la préfecture ne soit pas informée
?
REPONSE : NON et, mon équipe l’aurait dit si elle avait su.
NDLR Certes, mais
cela ignore les conséquences pratiques de la réponse à la question 4.
10. Comment répertorie-t-on l’ensemble des victimes ? Et l’information
des familles ?
REPONSE : L’information vient du SAMU et le recensement des
victimes est difficile. Trop
de temps à mon sens. Je reconnais que les familles ont du
mal le vivre.
11. Une usine au centre de TOULOUSE ? Quelle est la réalité
des conditions dans
lesquelles les élus et l’Etat acceptent cet encerclement d’un
site industriel de
cette nature ?
REPONSE : En tant que Préfet et, avec la DRIRE, nous veillons
à augmenter les
mesures de sécurité à chaque demande d’augmentation de
production.
Suivent des questions sur la remontée de l’information chez
le préfet et sur ses responsabilités
en termes de communication.
**
Intervention du Président du TC sur les conditions de
l’enquête de flagrance.
· C’est
le procureur qui a confié la responsabilité de l’enquête à la police de
Toulouse.
Elle s’est fait renforcer par des personnels de Paris.
· Les
enquêteurs sont face à une situation inhabituelle…ils ne connaissent pas les
lieux
et seront confrontés à l’intervention prioritaire des
secours et, la question de la
sécurisation des installations posera problème afin
d’assurer la sécurité des sauveteurs.
Exposé de Marc MENNESSIER journaliste au Figaro et auteur
du livre « AZF, secret d’Etat »
· L’explosion
serait d’origine accidentelle selon la Police… Tous les chimistes ne
comprennent pas comment cela a explosé !
· Le
procureur de l’époque a dit « c’est un processus physico-chimique qui a duré 80
ans et, qui s’est accéléré avant l’explosion » ou « je ne
regrette rien car il y avait des
nécessités d’ordre public »
Bref, c’est la thèse de l’acte de malveillance et celle des
« négligences supposées » de la
police.
Les questions acides des avocats puis du TC et du procureur
qui s’énerve par deux fois, vont
surprendre par leur rythme et leur violence. M. MENNESSIER
est estomaqué, puis il fait
front énergiquement. Une vraie joute oratoire qui cherche à
le déstabiliser sans y parvenir.
· On
peut en tant que journaliste tout dire, mais ne rien démontrer,
· Quelle
est votre conception de l’éthique du journaliste ?
· Avez-vous
lu les 110 tomes du dossier ?
· Avez-vous
lu les scellés ?
· Je
crois que vous n’avez pas lu grand-chose… R- J’ai fait mon métier de
journaliste
Le Président du TC coupe court et lui donne RdV le 28
avril.
*
Témoignage du Directeur de la PJ de l’époque
· Cette
affaire apparaissait gigantesque et jamais vue. Nous avons décidé d’arrêter les
150 dossiers en cours et, de mettre tous les personnels
actifs sur le dossier pendant 7
semaines.
· But,
auditionner les 500 employés du site et les 1500 personnels sous-traitants.
· Après
les 7 semaines, sont restés 15 fonctionnaires à plein temps.
Questions du Président du TC :
1. Vos premières impressions sur l’enquête ?
REPONSE : Nous n’avons négligé aucun renseignement. Nous
avons eu droit à des avions,
des missiles, des phénomènes électriques,
électromagnétiques, à répétition… Tout est
dispersé sur le site. Usine qui date du début du 20ème siècle.
Epicentre de l’explosion situé
sous le 221.Nous n’avons privilégié aucune piste. Il y
avait des dizaines de personnes
déposant en même temps. Difficile de faire la synthèse
rapidement !
Le bâtiment 221 était vétuste, non protégé, peut-être mal
surveillé. Plusieurs témoins ont
parlé de poubelle.
2. Avez-vous reçu des instructions pour cette enquête ?
REPONSE : NON. J’ai dirigé l’affaire sans proposition ou
incitation à faire une enquête
orientée
3. Liaisons avec la CEI (Commission d’Enquête Interne)
mandatée par GP ?
REPONSE : Aucune. Nous ne savions pas qu’ils existaient.
Plus tard, nous avons collaboré
Autres questions
· A
quelle heure les premières constatations ? R- Dès que l’on a pu travailler. La
priorité
c’était de secourir les blessés. On était tous secoués.
· Le
cas JANDOUBI, avez-vous vérifié ? R- On a vérifié ses tenues, son téléphone,
ses
comptes.
· La
SNPE n’a reçu des enquêteurs que le 28 ? R- C’est possible. Aucun indice
d’accusation directe ne nous a orientés vers la SNPE plus
tôt
Le président du TC dit : Nous sommes le 21 septembre, la 1ère explosion
est à la SNPE
avec un mort. Vous faites le constat le 28 ? R- Je ne sais
pas pourquoi on y est allé aussi
tard ?
· Y
a-t-il un choix dans l’ordre des auditions ? R- Oui, les choqués, blessés et
autre,
n’étaient pas traités par nous.
Autre policier :
· Handicap.
On arrivait en milieu inconnu, le milieu industriel,
· Problème,
comprendre l’organisation et les produits. Tous décrivaient un 221 comme
vétuste et le sol avec des nids de poule. Seul le sas était
en bon état.
· Les
pistes, il y en a eu plein : le chrome, l’électrique, l’acide sulfurique, le caloril,
l’avion, la fuite de gaz, la fusée amateur, la galerie
souterraine, le câble électrique, la
piste magnétique, le DCCNA et les pistes criminelles. TOUT
a été examiné au travers
de 150 PV.
· Faire
disparaître un cadavre, c’est inconcevable, c’est saugrenu.
· Avez-vous
vu une éventuelle explosion sur le site de la SNPE ? R- NON.
· J’ai
le souvenir que Mr SABY avait eu des difficultés avec Mr BERQUE
Président de la CEI.
Fin de l’audience à
21h45
Mercredi 18 mars 2009 : Journée
règlementation puis détonique
Témoignage de monsieur Gérard ONESTA, député Européen-Vert.
Vice-président du Parlement Européen, en charge de la
législation.
1. Mon témoignage,
La surdité existait à Toulouse, avant l’explosion, tant
dans les administrations que chez les
industriels. Toulouse savait depuis 10/15 ans et, chaque
année, un temps fort était marqué par
une manifestation au rond-point de l’ONIA, par des
rencontres et par des contacts avec la
DRIRE. L’un des tracts s’intitulait : « AsseZ Fumée
». Actions en pure perte.
Même les élus répondaient
« le métier du personnel n’est pas menacé et il n’y a aucun
accident grave dans la population » donc, on continue. Et,
bien que l’installation ait toujours
été citée comme dangereuse, par exemple dans le SDAU de
1999 ou le P.O.S, le pôle
chimique SUD n’en était pas moins présenté comme un atout.
Les Enquêtes-Publiques seront un exemple de démocratie
inversée. C’étaient des enquêtes de
dupes. Idem au Conseil Municipal où les membres devaient
être discrets, même si en 1988 il
y a eu 7 incidents. Bref, la loi du silence régnait.
Le 21 septembre 2001, depuis St Simon, de 10h17 à 10h18,
j’ai compris.
Et, en quelques heures, les médias ont ouvert leur antenne
à un écolo, victime et européen. Il a
été tout désigné. Du jour au lendemain, on m’invitait
partout. Ce qui était inaudible
jusqu’alors est devenu audible. On m’écoutait parce que
j’étais jugé sur une ville en ruines.
J’en ai chialé. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour
nous entendre? Au Conseil
Municipal, l’ambiance était de ne pas chercher la
polémique. C’est exactement ce que le
Maire Philippe Douste-Blazy m’avait dit lors du concert de
solidarité monté à la Halle aux
Grains quelques jours plus tard.
2. La règlementation,
Avant la directive REACH, les études sur la nocivité des
quelques 101000 produits chimiques
utilisés en Europe, sur la santé humaine et sur
l’environnement étaient réduites à :
- Quelques
dizaines de produits bien étudiés,
- 2
à 300 sous contrôle,
- 30
000 déclarés comme très nocifs,
- Les
70 000 autres restent non évalués.
Les études sur le cancer ayant révélé des taux en
augmentation de 20 à 30 % dans les 20
dernières années, des dispositions ont été envisagées comme
par exemple :
· Le
système d’étiquetage unifié sur les codes,
· La
directive IPPC regroupant 7 textes en un seul pour utiliser les MTD
(Meilleures Techniques Disponibles),
· Les
textes visant la protection du milieu contre l’émission de gaz dangereux,
· Ceux
sur la protection de l’eau votés en 2000 et applicables en…2020 !
Il convient de se souvenir qu’une directive est un calendrier
co-voté avec les ministres. Il
comprend donc un délai d’application élaboré avec les
professionnels.
La règlementation sur les productions industrielles a été
crée au cours des étapes ci-dessous :
· SEVESO
première directive datant de 1982, 6 ans après l’accident technologique
majeur survenu en Italie,
· SEVESO
II cherchant à mieux maîtriser les dangers. Sont codifiés les PPRT (Plans
Particuliers sur les Risques Technologiques) qui prennent
en compte les effets
dominos sur des sites industriels voisins. Les autorités et
les élus sont mieux informés
et, une meilleure maîtrise de l’urbanisation alentour est
envisagée, ainsi que les
conséquences sur la vie du public riverain.
· 2003,
suite à l’explosion du 21/09/2001. Directive 2003/105 sur une meilleure
formation des Sous-traitants (ST) pour qui il est plus
difficile de rentrer dans une
culture du risque. Tout était rédigé depuis octobre 2001,
sous ma plume, au point 14.
Les études épidémiologiques et bien d’autres mesures
étaient votées par le Parlement
Européen. Une majorité (de droite) s’est dégagée pour
refuser que des experts
indépendants puissent contrôler les travaux des industriels.
C’est une grave lacune.
· 2004
Responsabilité environnementale. Directive 2004/35. Le parlement était
content de ce premier texte qui édictait le principe du
pollueur-payeur. Las, cela
parlait aux lobbyistes comme Total, le nucléaire etc.… et
la 2ème lecture est venue tout
détruire ! En effet, si le vote en première lecture est
acquis à la majorité simple, celui
en 2ème lecture ne compte plus que les articles qui recueillent au
moins 50% des voix
et surtout, aucune voix contre ! Exit le pétrole, le nucléaire et les pénalités
financières…
3. Bilan…
· AVANT
le 21/09/2001
Le 1er
problème était philosophique, car « le risque peut être subi, puisqu’il est sous
contrôle ». Or, c’est
imposé. C’est le risque non souhaitable !
Le 2ème
problème était méthodologique, car l’approche est strictement normative, avec des
seuils qui sont arbitraires. Or, il y des impondérables
comme le vent, les fenêtres… Les
industriels sont juges et partie !
Le 3ème
problème était périmétrique, car, la même matière dangereuse transportée, donc
mobile, ne présentait règlementairement plus du tout les
mêmes risques. Un bon exemple est
celui de la gare MATABIAU qui, en plein centre ville voit
passer 1 à 1.5 millions de tonnes
de produits dangereux chaque année. Ce danger n’est pas
pris en compte.
NDLR : Il en est de même en 2009 pour les transports de
matières dangereuses vers l’île
du Ramier, pour approvisionner l’ex-SNPE-ISOCHEM-SME et
en évacuer les produits
finis. Cela se compte en centaines de tonnes de produits
dangereux ou très dangereux
pour la santé humaine et pour l’environnement.
Face à cela, le citoyen est confronté à la jungle des
S3PI/PPI/DRIRE/CLIP/CLIC/POI… Les
ingénieurs sont issus des mêmes écoles que les contrôleurs.
Cette consanguinité est détestable.
C’est pour le moins subi !
Les constats de la DRIRE étaient très faibles pour les
contrôles avant 2001.
L’administration, face à nous, présente un édredon qui
étouffe la crainte et anesthésie la
vigilance…
· EN
OCTOBRE 2001, le Parlement Européen note qu’aucun des états membres
n’a obtempéré en ce qui concerne les PPRT et lance 6
procédures d’infraction.
· EN
2009, sur les 6 sites de TOULOUSE, pas un seul PPRT.
Les accidents ont rompu le pacte de confiance entre
administration et citoyens. Il est
impossible d’espérer le risque 0 entre la population et les
industriels si ces derniers se
contentent de gérer le risque, sans se résoudre à
l’éloigner.
Il ne faut pas ajouter le drame social au drame
environnemental.
Le Parlement Européen a demandé le 3 octobre 2001 la
publication d’une liste des
établissements de type AZF.
Ce 19 mars 2009, la liste est toujours en attente !
Et pourtant, chacun sait qu’il y a :
· les
hydrazines sur le site SEVESO SEUIL HAUT
AS de l’île du Ramier, à 800
mètres du nouveau CANCEROPOLE,
· les
4700 tonnes de nitrocellulose noyées
dans 120 000 m3 de boues dans les
BALLASTIERES, à 500 mètres du même CANCEROPOLE,
· la
question de la gestion des déchets des nanotechnologies.
Mesdames et messieurs, avant de conclure, je tiens à
témoigner que les discours de réponse à
nos questions légitimes ont toujours été conformes au
schéma en trois stades suivant :
· 1er stade : Ce n’est pas vrai, il n’y a pas de risques,
· 2ème stade : Ce n’est pas grave,
· 3ème stade : Ce n’est pas moi
Ma conclusion sera courte : tous les décideurs ne sont là
que pour faire du fric.
*
Questions de M° LEVY : C’est une mise en cause des Elus
Locaux, de la DRIRE et de l’Etat.
Est-ce que cela signifie que la ville de Toulouse et les
administrations ont une part de
responsabilité dans la catastrophe ?
REPONSE : Il s’agit d’irresponsabilité pour les Elus
et de responsabilités pour les
industriels, si on ne comprend pas le mécanisme général de
notre société, à savoir :
Responsabilités diluées, mais polluants concentrés !
Questions de M° DUNACH : Le NAA est-il nécessaire pour
nourrir la planète ?
REPONSE : Vous me donnez le premier argument des
industriels, la PAC et le NAA. En
réalité, c’est une casse environnementale touchant l’eau
qui est saturée de nitrates et ce, pour
une durée de 10 ans au moins, avec ce qui est déjà dans le
sol aujourd’hui.
La PAC a cassé les hommes et les paysans,
La PAC casse le reste du monde en déversant ses produits à
bas prix,
La PAC est une casse budgétaire avec nos impôts.
La production faite ici est doublement condamnable
· sur
place à cause de l’explosion,
· ailleurs,
à cause de l’environnement.
Sur le site, on aurait pu.
Questions du Procureur :
1. La directive applicable en février 2001. Pour l’usine GP
à TOULOUSE, c’est la
maîtrise des dangers. Comment interpréter l’attitude de
l’industriel qui a reporté en fin
2001, même avec l’accord de la DRIRE ?
REPONSE : C’est de la
délinquance industrielle. Ils savaient déjà depuis 10/15 ans,
depuis 1996. Tous sont audités depuis des années. C’est la
logique de profits qui a
augmenté les risques.
2. Aucune excuse ?
REPONSE : Aucune
Questions de la défense :
1. Question sur le retard de la transposition. Quelle
différence faites-vous entre
irresponsabilité et responsabilité ?
REPONSE : Dans la SEVESO, il y a celui qui sait et celui
qui cherche à savoir.
2. En France, comme ailleurs, la directive est transposée
en fin de délais !
REPONSE : Si on sait, il faut faire ce qu’il faut.
L’industriel savait AVANT les autres.
3. Mais, une directive doit être transposée !
REPONSE : 400 l’ont été et, il en reste 17000…les
retardateurs du calendrier, ce sont des
drames annoncés
Le Président du TC coupe court en remerciant le témoin.
**
Ex-directeur de la DRIRE.
Président du TC :
1. Le seul site AZF de Toulouse comporte 150 autorisations
règlementaires
successives ?
REPONSE : Oui, le site a bien fait 150 demandes
d’autorisations individuelles pour tel atelier,
diverses extensions ou augmentations de production.
· Fondamentalement,
c’est l’industriel qui est responsable de la sécurité. C’est un
principe très important.
2. Responsabilité de
l’industriel dans les études de dangers ?
REPONSE : C’est lui qui les fait si possible conformes à de
qu’il imagine être la réalité,
Ex-inspecteur DRIRE en charge du secteur GP.
Président du TC :
1. Votre vision de l’entreprise GP ? D’une manière
générale, j’ai eu le sentiment que les
responsables n’avaient pas eu les moyens de réaliser les
mesures qui s’imposaient ?
REPONSE : Il y avait des difficultés pour appliquer les
mesures de sécurité. Plus de
problèmes qu’ailleurs. Les responsables n’avaient pas
tous les moyens suffisants pour
investir rapidement dans la sécurité. En cas de changements, ils faisaient une demande de
délais pour appliquer. Il y avait des retards dans la
remise des études de dangers. J’ai des
documents le prouvant.
Pourquoi l’exploitant attendrait un signe de
l’administration pour réagir en cas de nouvelles
directives ?
Pour moi, GP faisait partie des élèves moyens, pas des bons
élèves.
Intervention de Mr BIESCHELIN : C’était une usine à feu
continu. Il y a donc des excuses
pour repousser des travaux à la grande visite suivante.
REPONSE : Mon constat reste. Le bac de rétention de la
soude est un exemple entre-autre. Je
confirme les retards dans les investissements.
Reprise à 10h10.
Mercredi 18 mars: La détonique et les
mesures de sécurité
Témoignage de monsieur
LIBOUTON (Spécialiste Belge en détonique) relatif à l'étude de dangers à
l’atelier I4 et au bien
fondé de l'étude.
L'étude de dangers faite
(sur le site?) est précise et les dangers représentés. GP connait son
produit.
Le canevas de l'étude se
fonde sur le Médard (Monographie des explosifs occasionnels) et sur des
études Canadiennes.
Un arbre des causes
récapitulatif examine les causes de l'explosion.
· Pas de prise en feu le
21/09/01,
· t <180° au fond,
· t >250° décomposition
endothermique non entretenu e,
· t >300° décomposition
exothermique entretenue,
· pour du nitrate souillé
sans confinement, réaction sera fonction de la température,
· pour du nitrate souillé
avec confinement, l'incendie peut dégénérer en détonation
Mais, le NAA est
toujours classé en "NON EXPLOSIF", en CLASSE 5, donc non explosif.
Quelques commentaires:
1. L'énergie du NAI vaut
300 cal/gr. Avec du fioul, l'énergie est dopée. Pour le NAI, elle est
attribuée pour 1/3 au
nitrate et, pour 2/3 au fioul,
2. Avec une prise en feu
relativement longue, un incendie peut dégénérer en explosion de 15 à
60 minutes après. Et,
pour avoir cette explosion, le milieu doit être confiné,
3. Si le nitrate est
fondu, pour détonner en milieu non confiné, il faut avoir:
· soit une source
explosive proportionnelle au volume du tas,
· soit une amorce en
termes de poids et de section/au tas. Dans le cas présent, poids assez
conséquent et section de
la charge suffisante/ au tas
4. Parlons du NAA non
confiné.
Il l'est en référence au
modèle de JONES utilisé au Canada ou, à la technique des ondes de
détonation. Le résultat
est identique dans les deux cas.
Au fur et à mesure que
l'explosion avance dans le tube (test de détonabilité), il faut que
l'autoamorçage
se fasse derrière.
Conclusion N°1: Cet explosif est mixte.
Il a besoin d'une température élevée, d'un temps
d'induction puis d'un
temps de réaction.
Conclusion N°2: Les ondes de raréfaction
sont:
1. plus nombreuses
derrière un baril,
2. encore plus
complexes si la charge est en forme d'orange (sphère) et initiée au milieu.
L'essai de BAUER est
tridimensionnel. Il y a 3 sources d'explosion et de dangers:
1. confinement,
2. pas de point chaud,
3. pollution
Donc, à l’I4, c'est
correct.
En comparaison, au 221, il y a:
1. 500 tonnes seulement,
2. aucune activité
industrielle,
3. du nitrate mélangé.
Conséquences:
· absence de point chaud,
sauf le Schuller avec un opérateur,
· le 221 n'est pas
particulièrement confiné,
· les nitrates impurs?
S'ils viennent des sacs éventrés, ils ne sont pas souillés, sauf par des
emballages et du bois
des palettes.
1. pas de mise en feu
préliminaire,
2. si souillure,
vérifier si échauffement spontané dans le tas ne peut faire détonner le tout,
mais
dans ce cas, il y a des
fumées précurseurs?
3. détonation subite du
tas. Mais, sans amorce:
· le mélange aurait été
soumis à une friction et/ou un échauffement?
· la température augmente.
La densité du produit dépends de sa porosité intra et extragranulaire.
Porosité, choc donneur
de l'amorce, température augmente dans l'espace intragranulaire.
Plus la densité diminue,
plus la sensibilité augmente
Conclusion N°3: si on arrive à des
densités de nitrate particulièrement faibles, on peut en
arriver à l'explosion.
Le président du TC
constate: Partis de l'étude de dangers de l'I4, on abouti à une expertise en
détonique du 221. Il
pose les questions ci-dessous:
Q1- Quels éléments vous
ont servi? Quels morceaux choisis?
R1- C'est GP qui me les
a fournis.
Q2-Vous avez été
affirmatif sur des données pas forcément complètes.
R2- S'il y a eu des
souillures dues aux véhicules, PAS D'EXPLOSION, si le nitrate est fondu, la
température>150° et,
avec confinement, IL Y A EXPLO SION.
Avocat de la défense:
Parlons section de contact.
Q1- Comment amorcer un
tas de nitrate?
R1- Il faut disposer
d'une amorce qui a une section de contact très proche de celle du tas. Pour le
tas,
4/5 Kg suffisent
Q2- où le mettre, le
poser?
R2- Dans des trous de
60m/m pour l'ANFO (détonateur). Si la fine est submillimétrique (1.6 à 2.5),
cela n'augmente pas la
sensibilité du produit.
Q3- les catalyseurs de
décomposition n'ont-ils pas d'effet sur l'ampleur de la détonation?
R3- Le
meilleur-meilleur, c'est la taille des particules dès qu'elles sont
microniques. Dans ce cas, elles
ne sont pas solides.
R4- La présence de
morceaux de bois, de béton délité, de fer, de feuilles d'aluminium NE FONT RIEN
SUR LA DETONABILITE,
R5- Le nitrate dit pur
contient < de 2% d'impuretés. AVEC CE %, IL EST DIT PUR.
Q6- En cas de simple
contact de nitrate avec de l'humidité, peut-il s'enflammer?
R6-
· Si NITRATE + EAU = NON,
· Si NITRATE + FIOUL = NON
si PAS DE MISE EN FEU,
· Si NITRATE + FIOUL = OUI
si CONFINE
R7- L'aluminium a un
effet calorique, mais pas d'effet de catalyseur.
M° BOIVIN de la défense
déclare triomphant/ "Superbe expertise qui n'est possible que par
quelques experts dans le
monde"
**
Suivent d’autres
témoignages sur l’application des mesures de sécurité concernant
l’environnement.
· L’obtention de la norme
ISO 14001 est un engagement pour l’industriel, de respecter la
règlementation. Ce n’est
pas le constat qu’il le fait. S’il ne le fait plus, c’est une cause de
suspension ou de refus.
Fin de l’audience à
21h37
Mardi 17 mars: La sécurité dans l’usine
GP
Témoignage de Mr MIGNARD
(Mémoire et Solidarité) sollicité par la défense
Dans son métier, face
aux questions de sécurité, il a vu évoluer l’état d’esprit général de tous.
· 1967 : Quel est le niveau de la production ?
· 1983-84 : Le plan de sécurité de l’usine GP fait la synthèse de
tous les plans sécurité des
services,
· 1987 : Quels sont les accidents, puis, quelles sont les pollutions
?
· 1991-2001 : Généralisation de l’analyse des accidents par l’arbre
des causes. Puis création
du CRIE (CR d’Incident
et d’Evènement). Chacun, y compris les ST (Sous-traitants) devait
faire une analyse de
l’arbre des causes.
Questions du président
du TC:
· Dans leur immense majorité, les personnels GP disent qu’ils
avaient le sentiment de travailler
en sécurité ? R- Ils
avaient raison
· Et la direction ? R- Elle suivait. Ce n’était pas une priorité
avant 1981. Après, oui.
· L’incident du caillebotis ? R-Les caillebotis ont été fixés. Ils
devaient l’être.
· Et l’intervention du ST sans permis de travail qui aurait dû fixer
le caillebotis? R- Si oubli, je le
déplore.
· Le permis de travail n’avait pas été délivré ! R- Là, il n’y a
rien à dire.
· Qui s’occupait de la sécurité dans le 221 ? R- Je ne peux pas le
dire, je n’ai jamais bossé
dans le stockage.
· En référence à votre PV d’audition en octobre, à toutes les
questions sur le 221 vous
répondez : je ne sais
pas, je n’en sais rien ? Alors, l’animateur sécurité ne connait rien sur le
221 ? R- Je vous
rappelle mon parcours. J’étais affecté au Sud. Donc, je connaissais mal le
221. Il n’y a jamais eu
d’intervention sécurité dans le 221. La deuxième personne en charge
du bâtiment est décédée
et la troisième personne de l’équipe était là depuis 3 semaines.
Questions de M° LEVY :
· Vous avez été longuement auditionné par la commission
parlementaire en novembre 2001. Il
faudrait limiter la ST
dans la mesure où, quelque part c’est une entrave à la sécurité ? R- Ce
propos, j’ai pu le
tenir. Dans certains cas, la ST peut entraver la sécurité et, dans d’autres,
c’est un plus.
· Vous semblez dire que la ST remet en cause la sécurité. Qu’en
était-il à GP ? R- Je ne vois
pas de secteur GP où la
ST mettait la sécurité en cause…
NDLR : Suivent d’autres
questions sur le même sujet. L’impression est mitigée. La défense veut
montrer qu’à TOULOUSE,
les problèmes généraux de ST, l’esprit sécurité mal perçu, ce n’était pas le
cas.
Autres sujets :
1. Le POI (En cas d’accident à l’intérieur d’un
établissement, les industriels appliquent
leur Plan d’Opération Interne) a été refondu
en 2000
2. Dans les bâtiments considérés à risques très limités,
pas de NOX (dispositif de
détection incendie) ? R Dans le 221, aucun
risquesd’incendie. Rien ne le dit et, il se
trouve à proximité immédiate des Sapeurs Pompiers.
3. Commentaire de Mr LEGOF
responsable gestion des équipes incendie de GP depuis le
1er août 1999. En appui du témoignage de monsieur THOMAS (DRH de
GP), je tiens
à dire que, le jour du match de football de bienfaisance, le
Colonel des pompiers Mr
DONIN m’a dit : « ne cherchez pas la vérité, vous ne la
saurez jamais » Je lui ai
dit : « La vérité, vous la connaissez. Je voudrais la
connaitre aussi ». Nouvelle
réponse : « Ne cherchez pas, vous ne la connaitrez jamais »
NDLR : Suit une série
d’exposés sur les mesures de sécurité qui étaient en vigueur à GP, par des
témoins cités par la
défense. Tout était si fouillé et si bien connu et appliqué, que même les
salariés
GP présents en sont
surpris.
Finalement, à 15h25,
tous les avocats des parties civiles sortent, tous groupés. Ce déluge de
satisfécits est de
trop.
Le président du TC
remarque le mouvement et poursuit ses questions :
· Quels sont les liens ATOFINA/GP, des liens de collaboration ? R-
Oui, des liens fonctionnels.
Depuis l’inspection
générale de sécurité de 1998, pas d’autre inspection. Il n’y avait pas de
management sécurité.
· Souvenez-vous de l’incident du 27 mars 1998, 27 tonnes d’ammoniac
ont été rejetés. La
DRIRE a parlé d’incident
grave ? R- Oui, je m’en souviens en lisant le rapport (tendu par le
Président du TC).
Questions du procureur :
· En faisant le bilan des deux inspections de 1990 et de 1998, vous
faites 139
recommandations, mais
aucune sur le risque de rencontre de deux produits incompatibles ?
R- oui, pas de risque.
· Le procureur s’étonne…
· Vous avez vu des sols en terre battue ? R- C’est vrai
Le président du TC
demande :
· Pourquoi ne pas avoir envisagé l’explosion du NAA ? R- C’était
inenvisageable.
· Mais, il y avait bien la présence de deux produits non compatibles
sur le même site !
Témoignage d’un
électricien mandaté au CHSCT de GP.
· Le 21 août 2001, j’ai participé à la rédaction du CR de la visite
CHSCT de tous les bâtiments,
sauf la sacherie (car
pas de lampes torches et, pas d’électricité). Ce secteur des nitrates avait
un peu la réputation
d’être dégueulasse. La direction désirait qu’on passe vite. J’avais
remarqué que la porte du
221 était en mauvais état.
Le président du TC
demande :
· Quelles étaient les conditions de travail des ST ? R- Hangar
insalubre, dégueulasse, murs non
peints pour leurs
vestiaires. Les responsables ont engagé les travaux rapidement… il y a
d’autres observations
mais…
· Pour cette visite du 221 en 2000, vous vous en souvenez bien ou
pas trop ? R- Pour le 221,
j’ai le souvenir d’avoir
vu le mur à 1 mètre. Le bâtiment et son état général qui me
paraissait…bâtiment
vieux mais entretenu. Je me rappelle les murs, mais je n’ai rien noté
d’anormal pour un
bâtiment qui stockait des … heu…
· Les ST ? R- Nous nous opposions à l’augmentation des ST. On
demandait que le personnel
soit pris chez GP.
· Pourquoi ? R- Problème de communication. Deux remarques seulement
:
1. Pour moi, sur un site
dangereux, il faut communiquer. La présence des entreprises ST
était anormale. Pour mes
collègues aussi.
2. On avait demandé que
les bâtiments désaffectés soient fermés et débranchés. Rien à
dire sur le 335.
Il ressort des questions
suivantes que le CHSCT:
· ne va pas dans les bâtiments désaffectés,
· ne participe pas aux études de dangers, malgré sa demande,
Après l’interruption de
séance à 18h30, le président du TC fait une présentation des trois ateliers
nitrates.
Le même tapis roulant
transporte alternativement NAA ou NAI. A chaque changement de NA, les 4
premiers sacs sont
évacués dans le box du 221 pour y être craqués, afin d’éviter les sacs non
homogènes.
Suivent des explications
sur les bennes blanches, vertes ou bleues, les big-bags de 500 KG, les
GRVS de 1 tonne et les
responsabilités des entreprises extérieures TMG, MIP et SURCA.
Sans oublier les
diverses manoeuvres de l’employé qui fait la relève des bennes chaque matin et,
depuis 2000, stocke les
sacs vides.
NDLR : Cela donne un peu le
tournis pour ceux qui ne connaissent pas le dossier à fond.
Fin de l'audience à 20h
Cordialement
Michel
Massou Secrétaire Général du Comité du quartier Croix de Pierre"
Semaine du 10 au 12 mars
Vendredi
13 mars: Les mesures de sécurité
Questions du président du TC:
·
L'ex
chef du labo confirme que les stocks du bâtiment 221 ne faisaient pas
l'objet d'analyses comme il le pratiquait tous les jours pour les ateliers de
production
·
Après
l'explosion, vous avez pratiqué des analyse de l'eau du cratère? R- OUI,
·
Idem
pour le contenu d'un sac ouvert près du hangar SGT? R- OUI,
·
Idem
pour des analyses au 1/2 grand, le 335? R- OUI
·
En
dehors, autres analyses? Pas de réponse précise, car le témoin est parti sur la
remise en état de son labo avec nettoyage le lundi 25 et remise en route de
l'appareil à flux continu le 26.
·
Rejets
des émissaires, où? R- les effluents vont directement en Garonne
·
Le
7/12/2001, vous avez contrôlé des sacs dont 28 contenaient du NAA, 2 de l'Urée
et 5 du carbonate de calcium. Pourtant, TOUS étaient estampillés NAA? Pas de
commentaire,
·
Fallait-il
réutiliser après usage ces sacs avec des produits non conformes au marquage des
sacs? Refus d'exprimer une opinion.
Autres questions et autres témoins:
·
Les
échantillons étaient conservés pendant un an,
·
Les
personnels du labo étaient d'astreinte, y compris le WE
·
Quid
de la disparition de 11 flacons d'oxyde de chrome (6 à 12 kg) ? Mr BIESCHLIN
confirme le mystère pour lui du colis estampillé 24 Kg qui ne contenait qu'un
Kg à l'ouverture.
·
Le
13 septembre, il confirme la diffusion d'une note de mise en garde contre
la toxicité du produit (Pièce D 3026)
Monsieur GRASSET, pour GP
·
Pas de
politique de la DG concernant le réemploi des produits non conformes. Pour lui,
c'est une politique de site
·
Nous
avons externalisé la gestion des parkings. Mais, nous serons toujours en
dessous des actes malveillants
Le président du TC lit un certain nombre de PV qui
soulignent"la difficulté de signaler un accident du travail pour
les ST":
·
"Je
ne me sentais pas en sécurité...pièces avec beaucoup de réparations...des
barrières bricolés..."
·
"d'autres
bâtiments étaient en très mauvais état"
·
Un
ouvrier témoin de l'accident dira "l'intérimaire était un
peu de la chair à canon..." Il a quitté le site et confirme que pour rentrer,
il remplissait une fiche en indiquant sa destination sur le site.
·
Pour
d'autres. "Connaissiez-vous les produits? R- NON. On a eu 30' de mise en
garde".
·
Mars
2001, atelier UVA dans la tour: "on a décalorifugé une canalisation (qui
était non vidangée) et un produit liquide chaud nous a brûlé (Vidal
X...et moi)".
·
"J'ai
émis un droit de retrait sur le site SNPE (?) suite à un jet de gaz qui m'a
atteint. Par la suite, cette opération a été interdite.
·
"Je suis surpris de cette explosion là. Il y avait d'autres
endroits bien plus dangereux..."
·
Le
contrat de travail d'une entreprise extérieure (ST) comportait un bonus-malus
s'il y avait trop d'incidents
·
Réponse: "Le bonus/malus est à voir positivement! Il témoigne
d'une volonté de montrer le poids du progrès en matière de sécurité. ...la
société cherchait à améliorer la sécurité...
M° LEVY: Rappel et demande de confirmation des
réductions d'effectif dans l'équipe des pompiers.
·
A
partir de 2001, reste 5 équipes de 3 pompiers travaillant en 3x8.
·
Dès
1998 (Pièce D 6126), le chef de quart des pompiers a envoyé une lettre au
ministre du travail en dénonçant le démantèlement du centre de secours. La
lettre au ministre est renvoyée vers le Préfet et, ...rien...
R-Pour le représentant de GP, Globalement, il n'y avait pas
de problèmes.
M° LEVY: Conditions d'accès au site? Suite aux
51 témoignages ci-dessous
·
"Accès
particulièrement facile...grillage troué...les passagers n'étaient pas
contrôlés...on peut entrer sans contrôle, même avec un camion...pas de fouille
du véhicule...pas de contrôle physique...n'importe qui pouvait entrer...accès
pas bien assuré..."
R-Pour le représentant de GP: Après le 18/10/2000, le site
était clôturé et gardienné. Tout était fermé, l'accès interdit...fermé et
rondes...
Suivent des questions sur:
·
le
caractère dissuasif que devrait avoir le service de sécurité alors que les
personnels étaient polyvalents. Pompier + Sécurité au poste d'entrée +
expéditions
·
Quid
de la prime de 1 000 francs attribuée chaque année passée sans accident? R-
C'est déloyal
·
Vous
incitez en 1992 les employés à ne pas déclarer les accidents...? Que sont les
postes aménagés? C'est pour ne pas déclarer un accident du travail ?
R-...cela donne une visibilité extérieure de la sécurité...
La défense demande alors d'arrêter de parler de
sous-traitance. La société GP répond de simple fautes.
L'ex directeur de l'usine veut parler:
·
La
réduction d'effectif des pompiers, la règlementation l'imposait,
·
Les
primes, oui, il en a donné pour promouvoir la sécurité,
·
En
1998, le gardiennage a changé et le circuit d'arrivée des camions
aussi, afin de ne plus obstruer la N 20 par les PL en attente de rentrer
sur le site. Le poste décalé permettait d'attendre les contrôles d'entrée en
dégageant la circulation dans le domaine civil.
Le président du TC demande s'il existait des rondes sur le site? Quel contrôle
de ces rondes? Et rappelle que les syndicats s'y étaient opposé.
R- Le directeur maintien qu'il pouvait sous-traiter le
gardiennage.
M° LEVY objecte le problème de "la légalité de la délégation
de pouvoirs. Le 40ème point de la nomenclature des pouvoirs du directeur
prévoit une limite au pouvoir d'engagement et d'ordre
de régler.. Pour lui, il n'y a pas de sub-délégation possible".
Le président du TC répond que c'est une décision de GP.
Autres réponses:
·
La
sécurité est à charge de chaque atelier ou service,
·
En
1994, lors d'une visite de la DRIRE, le hangar 221 a été déclaré défectueux,
Le président du TC ajoute: "Je ne sais pas si c'est une coïncidence, mais
c'est en juin que le document parle du Schuller sans rétention à l'échappement
et de produits pas purs. Le risque est d'autant plus grave que le produit ne
serait pas pur"
NDLR: Beaucoup de temps passé à dire que tout était bien
fait, la sécurité respectée et les consignes appliquées!
Mardi
10 mars: Le site et l'organisation du travail-Intervention d'éminents
représentants de la communauté scientifique
Interrogation
successive d'experts puis du responsable d'exploitation correspondant
Les
produits
- la
taille de granulés. Il y a un diamètre critique pour
l'explosion, d'où la nécessité de surveiller les "fines" qui
viennent augmenter la surface de contact entre les granulés,
- la
densité apparente,
- le
confinement. Un gros tas peut-il être considéré comme un confinement
suffisant pour les grains situés au milieu du tas? Réponses contradictoires...
Jean
QUINCHON, spécialiste en explosifs, ex-directeur sécurité armement à la SNPE
jusqu'à 1979
Conclusion: Son intime conviction, c'est
l'hypothèse chimique qui est la meilleure. Pour cause de NAA "impur",
défaut de surveillance et croisement de produits nitrates du Nord avec les
dérivés chlorés du SUD.
Monsieur
LATTES, ancien directeur de l'école de chimie de Toulouse et très représentatif
de ce métier
Monsieur
MEUNIER, ex président du CNRS et PDG de PALUMED à CASTANET-TOLOSAN (venu à
la demande de madame MAUZAC, ingénieur chimiste dont le mari a péri sur le
site)
Le
Président du TC
dira dans son rapport ce qu'il pense des expertises. Mr GUILLOCHON sera
entendu. Il a exposé le scénario: Une 1ère explosion semi-enterrée. Ce qui a
explosé est à peu près certainement du perchlorate d'ammonium
Réponse: en septembre 2001, il y a eu deux
explosions. La 1ère a initié la seconde. Les traces de la 1ère ont été
recouvertes par la 2ème.
L'avocat
de Toulouse:
Vous mettez en cause la ville pour une question de PC... Les études de dangers
sont faites par l'industriel...La production de NAA est faite dans une ancienne
poudrerie, cela peut exploser
Le
Procureur:
Vous avez une position tranchée sans avoir lu tout le dossier
La
défense: Les
études de dangers datent de 1983 et les 1ères règles d'urbanisme de 1987...
NDLR: La communauté scientifique a été secouée, car,
critiquer publiquement les décisions du tribunal sans avoir lu le dossier
a été mal ressenti.
Le
ton était sec et froid, comme face à des perturbateurs.
L'avenir
nous éclairera peut-être sur la véracité des scénarios des uns et des autres.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la rumeur sa formation et
sa manipulation, consultez la PJ:
![]()
Semaine du 3 au 5 mars, confirmation de l'examen:
Vendredi
6 mars: Lecon d'histoire des engrais en France, de l'usine GP de
TOULOUSE puis...diapositives sur état réel de l'usine GP
A ce jour,
vision du tribunal:
Présentation
idyllique de l'usine par son directeur
Présentation
d'un document audiovisuel destiné à présenter l'usine à des visiteurs. Document
très valorisant
Mais, la projection du film original
sous-titré qui a servi à monter le 1er document est déjà moins plaisante,
Puis
le président du TC passe aux commentaires:
-
le tracto-chargeur monte sur le tas de nitrates,
-
le chargement des palettes se fait à dos d'homme,
-
l'intérieur des silos date de 1932...
Pour finir,
projection de diapositives d'agents de l'usine GP tirées d'octobre 2000 à été
2001. Commentaires devant la police par un personnel du service auquel
appartient l'appareil photo. Les photos sont tirées dans le but de garder
mémoire de tous les disfonctionnements et de provoquer les travaux
correspondants.
Il sera
visionné au total 32 vues présentant la face cachée des installations en
production industrielle permanente à grand débit. Sol des ateliers couverts de
poudre blanche, palettes stockées avec des sacs éventrés, bacs de rétention
pleins de produits, fuites de produits divers sur le sol ou sur des
tuyauteries, toit de la tour AZF en béton sujet à infiltrations. Réparation
repoussée jusqu'à l'été, en période de moindre activité. Grilles d'aérateurs
encrassées et rouillées ou corrodées, atelier N1C très sale etc...
La
vision est peu engageante et l'usine hyper-moderne descent de son piedestal.
NDLR:
dans ce cas de production industrielle lourde en continu, le directeur
fait admettre que ces photos témoignent de la volonté de progrès des personnels
qui sont sous pression en permanence. Pour le profane, les vues restent
impressionnantes.
Pour
ceux qui veulent en savoir plus sur le site et sur le procès, consulter le site
suivant:
http://www.usinenouvelle.com/article/proces-azf-la-these-officielle-ne-tient-pas.160005
Fin de
l'audience
Jeudi
5 mars: Suite de la parole des victimes et celle de la médecine:
Professeur
Louis ARBUS Médecine légale et Neuro-psychiatre
Professeur
LANG Epidémiologiste
Rien pour
estimer le nombre des décès "induits", ni, dans quelles proportions!
Comment
expliquer ces chiffres dira l'avocat?
Réponse: ces calculs sont à pondérer de la
variabilité en fonction de l'âge.
NDLR: Si certains savent donner un bon chiffre d'aggravation de la
mortalité due en partie au moins, aux conséquences de l'explosion, le dire. On
peut chercher d'autres chiffres. A ce jour, il y aurait eu 150 décès de plus en
2001 par rapport à 2000, soit une augmentation (non pondérée avec l'âge) de 2.9
à 3.3 %.
Mme COMENAR
Service Assurances de TOTAL au siège Saint Germain en Laye. Quel bilan
actualisé des victimes?
Mr MIGNARD
Président de Mémoire et Solidarité, l'association des salariés du site
Le
représentant de la Fédération Nationale des victimes d'accidents FENVAC
Deux
pensées fortes:
Conclusion
de la FENVAC: C'est un signal fort vers le créateur de risques. On ne
peut impunément jouer avec la sécurité collective. Il y a 647 sites SEVESO
SEUIL HAUT en France!
"LA RESPONSABILITE
EST MORALE ET, LA SECURITE DOIT PRIMER SUR TOUTE AUTRE CONSIDERATION"
Question fondamentale posée par le Président du Tribunal
Correctionnel:
S'il y avait relaxe des personnes physiques et accusation des
personnes morales, pourriez-vous faire œuvre pédagogique vis à vis des
victimes?
Réponse de la FENVAC:
Oui. Et, on a expliqué après le Queens Mary.
NDLR: Serait-ce une issue probable à la fin des 4 mois?
A l'issue
de la pause, M° Soulez-Larivière a rappelé que l'industriel est tenu de faire
une enquête...Certes dit la FENVAC, mais, l'enquête interne et
l'enquête-judiciaire n'ont pas été harmonieuses! Pour la FENVAC, il n'a pas
parlé d'entrave, mais de parasitage.
Mr ARROU
Président des Sinistrés du 21 septembre
Mr ADAM
Président de l'association Bernadette en colère
Mr RATIER
Président de l'association des familles endeuillées
Autres
![]()
Mercredi 4 mars: la
parole des victimes civiles:
Les quelques notes qui suivent sont rigoureusement exactes
et prises dans un ordre calendaire. Pardon pour la violence de ces phrases
clés prononcées par les uns ou par les autres, souvent dans les larmes.
·
le
matin, appel en vain à la préfecture qui ne réponds pas
·
Tout
le monde peut être victime. La jouissance boulimique du profit est dérisoire...
·
il
y a eu une explosion, le temps de se regrouper au gymnase puis tout a explosé
·
Il en faudrait peu pour que cela explose...(il) a averti monsieur
Biechelin qui n'a pas voulu entendre...
·
Je tiens à dire: quand on stocke dans les conditions prévues, on
limite les dégâts.
·
Elle a fini par savoir qu'il ne reviendrait pas 14
heures après. Pourquoi m'avoir laissé chercher si longtemps?
·
Qui
a pensé aux familles et aux enfants?
·
Altercation
avec Mr Biechlin "si vous aviez écouté mon
mari, vous ne seriez pas là"
·
Souvent,
à la morgue, avec les assurances, aucun égards dans les contacts administratifs
·
"j'attends du procès, la vérité pour que cette catastrophe ne
se reproduise jamais"
·
Un
grand bruit lointain puis un souffle
16 heures
·
Calvaire
de mes parents pour mon décès annoncé puis démenti
·
Combat-espoirs-déceptions-Merci
à l'équipe de PURPAN et des pompiers-Aucune aide de la société- 7 ans 1/2 dans
l'ombre
·
Il y a d'autres victimes dans l'ombre...j'ai de la colère- On la
découvre 7 ans 1/2 après.
·
Le
Fenwick (3 tonnes) chargé de 3 sacs de 500 Kg a sauté en l'air et m'a protégé.
J'ai 51 ans, pas de boulot...400E de chômage et 200E de RMI. Comment survivre?
Pb n°1 ma santé ruinée, Pb n°2 le chômage. Après 20 ans dans la même société
sous-traitante.
Une institutrice de la Maternelle des Oustalous blessée
sur l'arrière du crâne :
·
Le
pire, la gestion des parents et des enfants,
·
puis,
les problèmes avec le syndic
·
et les
reproches de la hiérarchie de ne pas avoir évacué aussi "Le
Registre d'Appel"
·
les
enfants ont été choqués
Sandrine responsable d'un IME pour enfants handicapés
profonds, initialement en salle de réunion du 1er étage avec ses personnels
·
Explosion,
réflexe de se mettre sous les tables puis, 2ème explosion, poussières, gravats
·
Aide
aux enfants...vision d'horreur, les baies vitrées ont reculé de 3 mètres!
·
On a
évacué les enfants dans les minicars sans vitres, tout seuls, dans l'urgence,
dans la peur. Ambiance de panique puis, focalisation sur le déménagement vers
St LYS, siège de l'association gérant l'IME.
·
Les
enfants ont été très perturbés et touchés psychologiquement. Il fallait s'en
ocuper. A ce jour, ils sont hyper sensibles. "Avec moi et derrière moi,
tous les personnels et les enfants...La colère a monté...nous sommes une
association...on n'a pu compter que sur nous même..."
·
4 ans
sur le parking, en Algéco. Pendant 4 ans!
D'autres
·
Salarié
de la SNPE et riverain = victime deux fois
·
Mme
X... ne peut parler. N'a pas été suffisamment indemnisée dira
son avocat
·
Mme
Y... en voiture sur la rocade, a été poussée par le souffle, vitres
explosées. Evacue par la vitre passager puis, 2ème boum
Notons que ce jour, cela fait le deuxième
témoignage de personnes riveraines touchées à moins de 1000 mètres de
l'explosion qui on eu le temps de faire des actes réflexes ENTRE les DEUX
explosions.
·
Cette
jeune femme a fait face pendant 5 ans, à Paris. Puis, elle rencontre le
président du Comité des victimes d'AZF qui la convainc "de mettre des mots
sur des maux".
·
Elle
estime qu'il y en a encore beaucoup qui n'ont pas fait la démarche
·
Une
autre vit encore è Toulouse avec des contre-plaqqués sur ses fenêtres. Son
indemnisation n'est pas réglée...et elle est encore choquée
Mr GROLIER Président du conseil syndical de la cité du Parc
·
critique
la décision d'évacuer immédiatement le bâtiment B. C'était brutal et
traumatisant
·
des
déménagements se sont faits en l'absence des locataires hospitalisés
·
Et
ceux qui ne se sont pas faits?
·
Il réclame un audit pour travaux mal faits, non réceptionnés,
malfaçons...
·
7
ans 1/2 après les faits, il y a encore des problèmes
Mr Guy FOREST Président du Comité des victimes d'AZF
·
Explosion-Tout
cassé...tout cassé
·
Dès 16
heures, avec sa famille et des voisins, décision de reconstruire et de créer
une association.
·
Pendant
un an, objectif la reconstruction, pas la santé...
·
A
ce jour, les dossiers argumentés peuvent toujours être déposés
·
Pour
lui et d'autres associations, deux victimes sur
trois ne sont toujours pas connues ni indemnisées. C'est la QUESTION DES VICTIMES OUBLIEES
NDLR: Le groupement des assureurs de TOTAL a déclaré les 23-24 et 25 janvier 2008, en colloque
à DEAUVILLE qu'il avait recu 200 000 Réclamations. Et, il en a traité 80 000
environ. Qui sont les 120 000 dossiers refoulés?
Mardi
3 mars: c'est un jour de reprise et d'empoignades
- 3/4
d'heure pour le premier coincé dans un bureau,
- 2 heures
pour celui secouru "sur la dalle"
- l'AM pour
un autre pris en contrebas sous un amas de poutrelles, dans un local technique.
4. Audition de Gildas THOMAS ex DRH de Grande Paroisse
qui donne un témoignage relatif au décompte des victimes qu'il avait pour
mission de dénombrer, une fois lui-même soigné.
Jeudi
26 février
Qu'en
penser?
En dehors
des CR de presse et, en référence aux plaidoiries, les uns sont pour comme M°
COHEN et M° BISSEUIL, mais d'autres sont contre comme M° LEVI et M°
CASERO.
Il
semblerai que:
Il n'y a
pas eu de commentaires publics sur la première liste exhaustive des PC.
La
lecture de l'ordre réquisitoire du tribunal Correctionnel (ORTC) a été
impressionnante.
Des termes forts ont été prononcés.
-
méconnaissance par les responsables de la dangerosité des composants chimiques
incompatibles entre eux,
- abandon
de la gestion du bâtiment 221 à des sous-traitants,
-
manquements multiples à des obligations de prudence et de sécurité,
-
manquement de formation de sécurité des sous-traitants et des risques propres
de leur lieu d'intervention,
-
infraction à la règlementation (Code du travail) par absence de traçabilité des
produits entrant dans le bâtiment 221.
Audition
du directeur de l'usine qui salue les victimes de tous bords, revient sur ses
activités de la semaine précédant l'explosion et met en cause l'absence
d'alerte VIGIPIRATE dans son usine jusqu'au 20 au soir, alors que la SNPE
l'aurait été dès le 1er septembre 2001. Il note aussi le chaos dans Toulouse le
21 septembre en milieu de journée.
Lecture
de l'acte d'accusation de TOTAL + T. DESMARETS.
Il
est dit que "cette société ne pouvait pas ignorer la politique d'économie
destinée à maximiser les bénéfices" et qu'il faudrait examiner les liens
entre une société mère et sa filiale.
Audition du
représentant de GP et examen de ces liens jusqu'à 20 heures.
La
clôture du dépôt de demande de constitution de Partie Civile est confirmée
avant fin mai 2009, semaine 21, avant le réquisitoire du Ministère Public.
Ne tardez pas trop.
Nous sommes
désormais dans un procès avec quatre prévenus.
Lundi
23 février 2009:
ouverture. Calme, émotion et salle d'audience pleine avec plus de 1000
personnes présentes. A noter l'organisation très efficace de l'accueil et des
contrôles et la présence de tous les représentants du monde politique et
administratif. Le tout couvert par plus de 60 photographes et
journalistes.
Mercredi
25 février: La
plaidoirie de Maître COHEN qui a défendu la recevabilité des PC contre Total a
été remarquable et de très haut niveau. les autres jeunes avocat et même
M° Veil défendant Total ont été largués, écrasés. Pour M° COHEN, en cas de
rejet de la recevabilité des 9 PC qui demandent à faire comparaitre Total, "La
communauté des victimes, des citoyens de ce pays, demain diraient que cela se
serait déroulé sans eux (Total et T.Desmarets)! Le nom, le cœur des victimes
seraient-t-il absents? Ce serait indécent". Conclusion, le TC
doit déclarer leur demande recevable.
Demain
jeudi 26 février,
il y aura:
La
clôture du dépôt de demande de constitution de Partie Civile se situerait en
fin mai 2009, semaine 21, avant le réquisitoire du Ministère Public. Ne tardez
pas trop.
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